Poète, romantique et humaniste

Vigny, chercheur de sens

Photo d'Alfred de Vigny - Source Wikipedia

Alfred de Vigny naît à la fin du XVIIIème dans une famille de tradition militaire. Partagé entre sa quête de gloire et sa philosophie d'un idéalisme débordant, Vigny détonne de ses contemporains. Il s'engagera successivement dans une carrière militaire, tentera un passage en politique, avant d'entrer dans la postérité avec son oeuvre littéraire. Ecrivain, romancier, dramaturge et poète avant-gardiste, plusieurs de ses créations ont traversé les siècles. L'Académie française lui ouvrira ses portes au terme d'une longue quête.

 

Grand nom du romantisme, ses premiers écrits remontent à sa période de garnison en 1814. Son oeuvre est caractérisée par un profond pessimisme, et une vision désenchantée de la société. Son thème de prédilection est le paria, tantôt incarné par le poète, le noble, ou le soldat. Empreinte de modernisme, sa poésie préfigure les styles de Baudelaire, Verlaine et Mallarmé.

 

Vigny embrasse pleinement la littérature au terme des quinze années d'une carrière militaire rongée par l'ennui. Il fréquente alors les milieux littéraires parisiens et notamment le cénacle romantique d'un certain Victor Hugo. Sa publication de Cinq-Mars en 1826 contribue à lancer le style du roman historique français. 

 

Peu prolifique, ses écrits lui valent néanmoins un rapide succès. Parmi ceux-ci, Poèmes antiques et modernes, Stello - un roman, La maréchale d'ancre - un drame, ou Servitude et grandeur militaire - un recueil de nouvelles. En tout ce sont une quarantaine de morceaux qu'il créera. Si beaucoup sont qualifiés "d'obscurs ou entortillés", une dizaine sont incontestablement reconnus comme des pièces maîtresses de la poésie française. Vous découvrirez avec délectation La Mort du loup, La Bouteille à la mer, Moïse ou encore Eloa.

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Le Maine Giraud, son hâvre de paix

Logis du Maine Giraud à Champagne Vigny en Charente

Trois personnes marquent sa vie affective et contribueront à sa vision de la société. A commencer par sa mère avec qui il entretient une correspondance régulière, sa femme qu'il soutiendra dans sa longue agonie, et Marie Dorval avec qui il aura une relation assez tumultueuse.

 

En 1838, Alfred de Vigny s'installe pour la première fois au Maine-Giraud après sa rupture sentimentale avec Marie Dorval et la mort de sa mère. De son domaine situé en Charente, il goûte à la solitude et prend soin de sa femme malade. 

 

Il effectue par la suite plusieurs séjours au Maine-Giraud avec sa femme. Il entreprend la réhabilitation du lieu, fait reconstruire la Tour et plante les premières vignes. Le poète va négocier personnellement son vin aux comptoirs locaux, et ré-investi dans le lieu. Vigny est loin d'imaginer qu'il vient de pré-figurer la vocation actuelle du Maine Giraud.

 

Ce sont au total plus de cinq années passées sur place qui feront entrer le Logis dans l'Histoire. Concentré principalement sur son oeuvre, il y écrit peu, publie rarement, mais médite et lit beaucoup. Alfred de Vigny est un fin observateur de ses contemporains. Il puise également son inspiration dans la nature environnante et de longues promenades

 

Ayant redonné vie à la Tour, il s'y réfugie pour écrire. En 1838 il y met au net La mort du Loup. En 1846 il dresse l'ébauche de La Bouteille à la mer, et l'achèvera au même endroit sept ans plus tard. Travaillant à ses poèmes, il oeuvre également à ses Mémoires de famille, puis ses Mémoires politiques. Malgré la distance qui l'éloigne des salons Parisiens, il reste au fait de l'actualité littéraire et politique de son époque. Il dîne notamment à Angoulême avec le futur Empereur Napoleon III, alors à la recherche de soutiens.

 

De retour à Paris en 1853, Vigny ne tarde pas à confirmer son soutien au Second Empire. Il s'engage également en faveur de Charles Baudelaire pour sa candidature à l'Académie Française. Cette campagne s'avère être un échec cuisant, le ramenant à ses revers politiques. Néanmoins les deux poètes en conserveront une grande sympathie mutuelle. L'écrivain décède quelques années plus tard d'un cancer, après une lente agonie supportée avec patience et stoïcisme. Son recueil posthume Les Destinées est édité en 1864, suivi en 1867 de son journal.

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